Lettre ouverte à Madame la Ministre Roselyne Bachelot, à Madame Brigitte Macron et au Français

Le 18.02.2021

Réécrire Molière : faisons taire les cuistres qui le souhaitent !

Molière abusé textuellement, Molière assassiné

Madame la Ministre,

Madame,

Mesdames et Messieurs les décideurs de la (triste) Comédie (Française),

Imposer le AREUH-AREUH aux adultes

En partenariat avec la Comédie-Française, Drameducation entend donc réécrire les pièces de Molière afin qu’elles soient enfin accessibles à toutes les strates du nivellement par le bas ; ainsi n’est-ce pas aux lionceaux d’apprendre à se débrouiller dans la vie mais aux lionnes de se rouler par terre pour batifoler avec eux.

Ces géniaux réformateurs vont avoir du pain sur la planche, puisqu’il va leur falloir TOUT réviser et rapiécer, de l’Épopée de Gilgamesh, des écrits grecs et romains de l’Antiquité, aux œuvres de Ronsard, de Goethe, de Tolstoï,  aux chefs-d’œuvre de la Renaissance en passant par la musique baroque, celle de Bach, de Rossini et de Prokofiev, dans le désordre (mental qu’est le leur…) ; tenez, chez le génie de Stratford-upon-Avon, je propose que Richard III s’écrie : « mon royaume pour une console connectée » (adieu, cheval, vache, cochon…), chez Dante « Souviens-toi de nous, c’est nous, les Enfoirés ! » (pardon à Pia dei Tolomei). Les « commodités de la conversation » deviendront « les sofas Ikea » ; et puis on se retirera dans « les précieuses chiottes ».

Plus personne ne comprenant les symboles chrétiens dans les églises, remplaçons-les par des Émojis ; cela est valable également pour la Chapelle Sixtine… Déjà que pour plaire aux fondamentalistes, on devrait mettre un string à Adam et cacher tous ces saints qu’on ne saurait voir… On ne comprend plus Mozart ? Qu’à cela ne tienne, agrémentons sa musique de heavy metal, etc. etc.

En fait, rien de très original à cela, puisque voilà des décennies que des « metteurs en schème » massacrent systématiquement notre patrimoine lyrique pour permettre au plus grand nombre de découvrir le répertoire ; là aussi, on a dépoussiéré en transformant la Reine de la Nuit en meneuse de revue à la Cage aux Folles, Rigoletto en contre-maître chez Renault, Lohengrin en Transgenre tracté par un windsurf, Butterfly en serveuse dans un bar à sushis, et Lakmé en ado boutonneuse intolérante au muguet…

Au fait, c’est à ce propos qu’un certain enseignant de Lausanne écrit : Il ne s’agit pas de dépoussiérer Molière, mais d’inventer avec lui des pratiques pédagogiques et des nouvelles formes d’écriture dramatique pour les dramaturges d’aujourd’hui. On saisit mieux ce qui motive sa démarche…

Pitié, faites que ces ignorants se ressaisissent et qu’ils assument leur rôle d’adulte montrant les chemins mirifiques de la connaissance ; en effet, les lionceaux ne demandent pas mieux que d’apprendre.

Un grand merci à vous de bien vouloir contribuer à restaurer ce qui peut encore l’être.

Cordialement,

Vincent Lepalestel rêvant de renaissance