Le Dîner de Paris

(Roman-bouffe)

précédé de Le Sorelle vagabonde

EAN 978-3-924343-41-5

Rencontre de Giuseppe Verdi et Richard Wagner du 17.01.1858

Grâce à des lettres apocryphes proposées en hors-d’œuvre, première partie intitulée Le Sorelle vagabonde, il est prouvé, dans ce roman en partie épistolaire, que les compositeurs G. Verdi et R. Wagner se connaissaient bien et qu’ils s’étaient même rencontrés à plusieurs reprises ; curieusement, on doit les détails de l’un de ces entretiens au peintre Henri Fantin-Latour, qui y avait assisté en janvier 1858, dissimulé derrière l’une des colonnes du restaurant Le Dîner de Paris, situé passage Jouffroy.

C’est le dialogue des deux musiciens qui est proposé dans le corps de l’ouvrage, lors d’un long déjeuner parfois interrompu par la venue de quelques stars de l’époque : on voit passer des artistes peintres, des hommes de lettres, des femmes tenant salon, des compositeurs, et même une future égérie… Tout ce petit monde va, bien sûr, parler musique, mais pas seulement, car certains des jeunes gens de passage ont des préoccupations plutôt en lien avec leur peu d’attirance pour les personnes du sexe ; d’ailleurs, qu’en est-il de Verdi et de Wagner ? Non ! Quand même pas ! Franchement, l’auteur va trop loin, ou peut-être pas?

En plus de la surprise qu’il réserve à ses lecteurs, Vincent Lepalestel en a préparé deux autres, voire un peu davantage. Point n’est besoin de s’y connaître en musique lyrique, ou dite classique, pour suivre le propos, mais si l’on éprouve le besoin de s’informer sur la question, les citations en italiques sont autant de fléchages pour fouiner sur les moteurs de recherche… Quoi qu’il en soit, tout n’est finalement que farce…

Court extrait :

 « Le serveur revint dans la travée centrale avec l’échelle double, la plaça sous l’horloge et remit la clef du mécanisme à Wagner, lequel gravit les échelons après avoir retroussé son pantalon. Les convives, cessant de manger, le regardaient s’affairer, et certains d’entre eux fixaient ses mollets charnus d’un air concupiscent. Tandis qu’il montait, exécutant les mouvements alertes d’un gymnaste, on l’entendit chantonner Zitti, zitti, piano, piano, non facciamo confusione, per la scala del balcone presto andiamo via di qua. 

    Sans tarder, et passablement inquiet, Verdi alla lui tenir l’échelle. Parvenu au sommet, l’Allemand se fit donner l’heure exacte, treize heures trente, s’acquitta de sa tâche et, en faisant des effets de jambes et en prenant des poses d’athlète de foire, il s’adressa à la salle entière :

WAGNER – On ne m’aime pas, alors je sais ce qu’il me reste à faire…

    À mi-voix, la mine défaite, Verdi l’implora :

VERDI – Richard, je t’en prie, arrête tes bêtises, maintenant, et redescends ! On se donne vraiment trop en spectacle…

WAGNER – Personne ne m’aime !

VERDI – Richard, pitié, ça suffit ! Tu es fatigant ! (…) »