Lettre ouverte aux conseillers en communication de l’Élysée, présent(e)s ou passé(e)s

Fautes de français à l’Élysée

Lettre ouverte aux conseillers en communication présent(e)s ou passé(e)s : Sylvain Fort, Jonathan Guémas, Sibeth Ndiaye, Joseph Zimet…

Le 31 mars 2021

Pour l’amour de notre si belle langue, merci de prier vos secrétaires particuliers respectifs de faire la chasse aux peu solennelles coquilles des allocutions ou discours présidentiels.

Suivent cinq exemples.

(Extraits des deux premiers discours, lors de l’investiture)

Devant la pyramide du Louvre, le 7 mai 2017, l’entorse répétée prouvant qu’il ne s’agissait pas d’un lapsus linguae :

« C’est cela, ce que nous ferons. » Pour c’est ce que nous ferons / Voilà ce que nous ferons

« C’est cela, ce que j’attends de vous dans six semaines » Pour c’est ce que… / Voilà ce que…

« C’est cela, ce qui conduira notre avenir » Pour c’est ce que… / Voilà ce que…

Dans le salon d’honneur de l’Élysée, le 14 mai 2017 :

« tout ce qui forge notre solidarité nationale sera refondé. »  Pour refondu. (cf. fondation vs. fonte / refondation vs. refonte)

Lors de l’allocution télévisée du 31 mars 2021 :

« … a commencé depuis une semaine. » Pour a commencé il y a une semaine / est opérationnel depuis une semaine.

Molière a les épaules usées à force de se retourner dans sa tombe, tandis que tonne la voix du grand Commandeur : « Le français outragé, le français brisé, le français martyrisé ! »

A quand le français libéré des envahissantes salissures ?

Et nos deux grands hommes de proclamer en chœur : « Le bon exemple doit venir d’en haut, et le commun n’a pas sa place sur l’Olympe ; on ne peut profaner les paroles de Zeus à son insu. »

Cette énigmatique dernière assertion pourrait fort bien émaner de la sibylle de Cumes

Vincent Lepalestel