« Peut-être elle gagnera cen euros », dixit Laurent Ruquier…
Le 28.02.2026
« Peut-être elle gagnera cen euros », dixit Laurent Ruquier…
C’est d’autant plus surprenant, que cet animateur exceptionnel a pour souci constant l’emploi du mot juste ; en outre, expert en matière de repartie, il aurait brillé à la cour de Versailles, où les saillies avaient leurs lettres de noblesse.
Il a du reste un point commun avec le roi Soleil, à savoir qu’il dédaigne ou ignore l’ascendant qu’ont les gens de micro sur des millions de francophones, s’estimant, peut-être, au-dessus des règles de syntaxe du français… Cela impliquerai, en clair, qu’il se dit « Je parle comme ça me chante ! »
Si l’un(e) de ses ami(e) pouvait lui expliquer qu’avant l’invention de la radio, une langue mettait des siècles à se transformer, et que cela laissait le temps aux grammairiens d’en fixer les règles au fur et à mesure ; en revanche, si, émises de ce village médiatique qu’est Paris, les ondes répandent en un éclair des fautes dans l’ensemble de la francophonie, le français, en raison du mimétisme inconscient des locuteurs, mettra quelques semaines à se délabrer irrémédiablement. Les dictionnaires peineront alors à se mettre à jour. Le globish et la wèche aidant, pour communiquer, les francophones se contenteront bientôt du ouah-ouah des toutous…
Pour finir, que cette personne proche de Laurent Ruquier lui explique que, par amour du français, on dira « Peut-être qu’elle gagnera… » ou encore « Peut-être gagnera-t-elle… »
D’autre part, qu’elle lui remette en mémoire l’une des caractéristiques les plus belles de notre langue, à savoir les LIAISONS ! Il a beau préférer la prononciation « cen euros… » à « centeuros », mais comment prononcerait-il dans ce cas « cen œufs », « cen arbres », « cen yeux », « cen os », « cen ânes » ou « cen hommes » ? La rupture du flux avant une voyelle se nomme coup de glotte, un phénomène répandu en allemand, en flamand ou en arabe, entre autres… En français, ça fait moche de chez moche 🤪!
Sa préférence est d’autant plus étonnante, qu’il lie toujours joliment le pluriel cents avec euros dans « deux cents Zeuros » !
Personne ne conteste à ce génial animateur sa position bien méritée de maître absolu dans son émission, mais il ne peut s’arroger cette prérogative quant à la langue de Molière, est notre bien commun à tous !
Vite, prenons le français sous notre aile !
Vincent Lepalestel