LETTRES INSANES de MONTESSIEU – Chapitre II : LE FRANÇAIS, NOTRE BIEN COMMUN

40 LETTRES INSANES de MONTESSIEU

à propos du grand tout comme de petits riens

(publié le 10.02.2020, mis à jour le 23.01.2022)

regroupées en trois chapitres :

  • ÇA TIRE À BOULETS ROUGES (23 lettres)
  • LE FRANÇAIS, NOTRE BIEN COMMUN (14 lettres)
  • O TEMPORA, O MORES ! (3 textes)

Au nom du bon sens paysan, qui n’est pas plus de gauche ou de droite, que d’en haut ou d’en bas,

Charles Treuil de Montessieu s´adresse, sur le mode de la lettre ouverte

0- aux journalistes de la presse parlée : les fautes de français se propagent à la façon de virus 1- aux Académicien(ne)s encore alertes   2- au.x conseill.e.r.s./è.r.e.s en communicat.i.o.n présent.e.s ou passé.e.s : Sylvain Fort, Jonathan Guémas, Sibeth Ndiaye, Joseph Zimet…  3- aux directeurs des écoles de journalisme : Test de Mérimée    4- à Molière    5- à madame Jeanne d’Arc    6- à Madame la Cantonade    7– à la France dans lequel   8- à l’homo sapiens parisien de la France d’en haut    9- aux chaînes de télévision françaises  10- à Madame la Ministre Roselyne Bachelot, Madame Brigitte Macron et au Français   11- au Petit Robert et au Larousse    12- à la médiatrice de Radio-France : Le français sous notre aile    13- à Madame Brigitte Macron, professeur de lettres

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Le 23.01.2022

0- Les fautes de français se propagent à la façon de virus…

Comment le français s’étiole de façon exponentielle, victime de germes pernicieux   C R É É S   À   P A R I S.

LE FILM COMMENCE

   C’est notre capitale, le premier foyer de contamination. On y trouve des boîtes de nuit huppées fréquentées par les membres de clubs très fermés ; au nombre de ces derniers figurent des gens du showbiz, des journalistes, des politiques et des nababs résidant dans les fameux « quartiers », tout ce beau monde étant vêtu comme il se doit. On ne sait donc pas vraiment qui est qui, et il s’y opère un brassage de bon aloi.

   On bavarde et, par mimétisme, on se refile les tics langagiers, autrement dit les fautes de français : celles que commettent les « élites » sont reprises par les gens de la « France d’en bas » et celles qui proviennent d’en bas, gobées par ceux « de la haute », souvent fascinés qu’ils sont par le clinquant.

   Le lendemain, un journaliste de la presse parlée ayant fréquenté un tel établissement, se rend à son travail et, imaginant que l’une des formules erronées qu’il a attrapée au vol, est dans le vent, la balance sur les ondes ; tel un virus, celle-ci va pouvoir contaminer des millions de personnes à l’écoute, surtout si ledit journaliste est apprécié de ses confrères. Dans ce cas, ils adopteront innocemment sa séquence contaminée, laquelle va donc se répandre comme une trainée de poudre à travers l’hexagone, prenant racine en quelques semaines, avant même que l’Académie française ait eu le temps d’intervenir.

CLAP DE FIN

Si de telles tentatives délétères restaient confinées dans les lieux susnommés, cela ne porterait pas à conséquence ; or, en bonnes jacobines qu’elles sont, grâce aux médias, elles se frayent un passage vers les « régions » …

Comble du tragique, c’est parfaitement de bonne foi qu’un locuteur pris en flagrant délit de massacre rétorquera « sérieux, c’est qu’est-ce qu’on dit aujourd’hui ! Ah, vous êtes pas OK ? ».

Ah, si seulement la France était un pays fédéral !

Le virus et ses variants sont décrits et recensés sur : http://editionsdutroubadour.com/test-de-merimee-lettre-ouverte-aux-ecoles-de-journalisme/ et sur http://editionsdutroubadour.com/lettre-ouverte-a-madame-brigitte-macron-professeur-de-francais/.

Vite, prenons le français sous notre aile !

Ch. Treuil de Montessieu

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1aux Académicien(ne)s encore alertes

Le 20.03.2021

Chers Immortels, faites donc usage de votre épée, nom d’un Petibonum, défendez notre patrimoine !

Ras le bol de l’hégémonie langagière de « ze big dimôcracy ». Inspirez-vous des Résistants québécois face à l’intrusion de la langue des Yankees dans leur idiome ! Vite, car il y a pas mal de pain sur la planche ; la quantité de mots ou expressions anglo-étasuniens assaillant le français de toutes parts est déjà pléthorique, stop ! Notre langue est chargée, y a-t-il un académicien sur le navire ?

Boutons le franglais hors de l’Hexagone, il colle à Marianne des boutons… Et ce n’est pas Toubon-Toubon du tout !

L’aimez-vous donc encore, notre Marianne ? Alors, à l’instar de nos cousins de la Belle Province, LE QUEBEC LIBRE, faites vite preuve d’imagination : le mot magasinage pour shopping n’est-il pas exquis ? Ou bien courriel pour email ?

A mon tour, maintenant, pour fake-news, je propose des infox(ications), pour coming out, je propose pandorisation, pour sponsor, je propose mécène (mince, ça existe déjà…), pour smartphone, je propose fute-futephone… Vous voyez qu’on peut y arriver !

D’ailleurs, c’est faire preuve de lâcheté ou de démagogie, que d’intégrer sans cesse les vocables à la mode dans le Dictionnaire ! C’est notre Patrimoine, qu’il faut chouchouter, pas une jeunesse qui n’en a cure.

Pour ce faire, avec l’aval de Matignon, la Coupole doit se muer en forge et prendre de vitesse journalistes et publicitaires, non plus seulement en suggérant, mais en imposant et en interdisant. Il y va de notre outil de communication à tous, mais également de notre prestige dans le monde.

Allez, chers Immortels, brandissez dard-dard 🙂 votre épée et allez prendre langue avec les linguistes prêts à se battre !

Mais j’y pense, Barbara Cassin en est, alors qu’elle vous serve d’étendard, et dare-dare… Notre navire menace de sombrer. Une fois la bataille gagnée, nous pourrons clamer haut et fort « le français outragé, le français brisé, le français martyrisé ! mais le français libéré ! »

Ch. Treuil de Montessieu

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2- aux conseill.e.r.s./è.r.e.s en communicat.i.o.n présent.e.s ou passé.e.s : Sylvain Fort, Jonathan Guémas, Sibeth Ndiaye, Joseph Zimet…

Le 31 mars 2021

Fautes de français à l’Élysée

Pour l’amour de notre si belle langue, merci de prier vos secrétaires particuliers respectifs de faire la chasse aux peu solennelles coquilles des allocutions ou discours présidentiels.

Suivent cinq exemples.

(Extraits des deux premiers discours, lors de l’investiture)

Devant la pyramide du Louvre, le 7 mai 2017, l’entorse répétée prouvant qu’il ne s’agissait pas d’un lapsus linguae :

« C’est cela, ce que nous ferons. » Pour c’est ce que nous ferons / Voilà ce que nous ferons

« C’est cela, ce que j’attends de vous dans six semaines » Pour c’est ce que / Voilà ce que

« C’est cela, ce qui conduira notre avenir » Pour c’est ce que / Voilà ce que

Dans le salon d’honneur de l’Élysée, le 14 mai 2017 :

« tout ce qui forge notre solidarité nationale sera refondé. »  Pour refondu. (cf. fondation vs. fonte / refondation vs. refonte)

Lors de l’allocution télévisée du 31 mars 2021 :

« … a commencé depuis une semaine. » Pour a commencé il y a une semaine / est opérationnel depuis une semaine.

Molière a les épaules usées à force de se retourner dans sa tombe, tandis que tonne la voix du grand Commandeur : « Le français outragé, le français brisé, le français martyrisé ! »

A quand le français libéré des envahissantes salissures ?

Et nos deux grands hommes de proclamer en chœur : « Le bon exemple doit venir d’en haut, et le commun n’a pas sa place sur l’Olympe ; on ne peut profaner les paroles de Zeus à son insu. »

Cette énigmatique dernière assertion pourrait fort bien émaner de la sibylle de Cumes

Ch. Treuil de Montessieu

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3- aux directeurs des écoles de journalisme

Le 07.04.20

Complété le 31.01.22

TEST DE MÉRIMÉE

Combien ce texte comporte-t-il de fautes ? Bien 26, non ?

En bas de page est proposée une correction…

(Il s´agit ici de la réponse faite par un homme politique à un journaliste, lors d´un entretien télévisé. Cette personne commet ici quelques-unes des entorses qu´on nous assène quotidiennement dans les médias, autant de VIRUS infestant notre belle langue depuis 1990 environ, depuis plus longtemps pour certaines fautes. Prenons garde car, par mimétisme, nous reproduisons ces horreurs sans nous en rendre compte…)

En fait, on a été abusés depuis 2010. On peut se demander qu’est-ce qu’il faut faire en la matière, si vous en êtes d’accord ; en tout état de cause, il faudrait refonder le parti. Espérons que ça soit encore possible, vu les conditions dans lequel s’est déroulée l’intrigante dernière séance. Heureusement que J. L. était là pour en adoucir le climat, il est incontestablement un vrai ami, un vrai homme, tout simplement… C’est vrai que tout refaire de la cave au plafond, donc, n’est pas une mince affaire, vous avez raison, c’est vrai. Peut-être le meilleur moyen pour y arriver, serait d’abord de comparer les avis de chacun ; encore faudrait-il changer la méthode de recrutement. Il semble que beaucoup de recrus ont des difficultés de compréhension et c´est cela, ce qui complique le problème. De toute façon, le niveau général des nouveaux inscrits a beaucoup baissé, comparé avec ce qui se passait naguère, que ce soit en orthographe, que ce soit en compréhension, que ce soit en rédaction ; d’ailleurs vous pouvez consulter notre bibliothèque, elle comporte une étagère dédiée, et toute personne souhaitant emprunter est éligible. En espérant que ce message soit compris de tous, je vous remercie pour avoir répondu si nombreux, à la fois en France et à la fois dans les DOM/TOM. Nous avons pensé que vous seriez intéressé(e)s de savoir où envoyer vos candidatures, alors téléphonez nous au 01……

Quel est votre décompte ? Les solutions figurent en bas de page… Mais avant, voici la lettre ouverte aux directeurs d´écoles de journalisme :

Mesdames et Messieurs les directeurs des prestigieux établissements suivants :

CELSA – Master option journalismeCFJ Paris : Centre de Formation des JournalistesCUEJ – Centre Universitaire d’Enseignement du Journalisme de Strasbourg – EDC – Ecole de journalisme de Cannes (IUT Nice Côte d’Azur)EJDG: École de Journalisme de GrenobleEJCAM : École de Journalisme et de Communication d’Aix-MarseilleEcole de journalisme de Sciences PoEJT : École de Journalisme de ToulouseEPJT – Ecole publique de journalisme de Tours – ESJ : Ecole Supérieure de Journalisme de LilleIFP – Panthéon : Institut Français de presse, Master de journalismeIJBA – Institut de Journalisme de Bordeaux AquitaineIPJ: Institut Pratique du Journalisme de l’Université Paris-DauphineIUT Lannion,

Vite, au nom de notre prestigieuse langue malheureusement en perdition, attribuez-lui un coefficient record lors des épreuves finales, afin que les journalistes en herbe montrent enfin l´exemple… Puisque le matraquage prend sa source dans les médias, qu´il devienne alors bénéfique, pour l´amour de Molière !

Voici une suggestion osée d´encarts quotidiens (radios, télés) qui permettraient de contrecarrer le raz-de-marée d´analphabétisme venu des banlieues : autant à la radio qu´à la télévision, un journaliste serait chargé de dénoncer nommément qui un collègue, qui un homme politique surpris en flagrant délit d´entorse à la syntaxe ou à la grammaire. Je le concède, le parfum en est douteux à première vue car la forme n´y est pas encore ; le fait est que je manque d´imagination pour proposer des interventions non pédantes et pleines d´humour, ce pour ne point heurter les âmes susceptibles redoutant de devoir faire amende honorable… Mais vous, vous trouverez certainement !

Si vous souhaitez compléter ledit test, que Prosper Mérimée vient de m´envoyer, je vous invite à lire, sur ce mème site, la Lettre ouverte à Madame Brigitte Macron.

Dans l´espoir que cette modeste bouteille à la mer contribuera à ce que notre idiome puisse redevenir la langue de la diplomatie internationale grâce à sa concision et à sa beauté, je vous adresse, Mesdames et Messieurs les directeurs des établissements susnommés, l´expression de mes sentiments distingués.

Correction du test ci-dessus :

     En fait, on a été abusés depuis 2010.

En fait, on nous abuse depuis 2010. / En fait, on est abusés depuis 2010.   1

     On peut se demander qu’estce qu’il faut faire en la matière,

On peut se demander ce qu’il faut faire en la matière,                                     2

     si vous en êtes d’accord ; en tout état de cause, il faudrait refonder le parti.

si vous êtes d’accord ; en tout état de cause, il faudrait refondre le parti.    3 – 4

     Espérons que ça soit encore possible,

Espérons que ça sera / c’est encore possible,                                                  5

     vu les conditions dans lequel s’est déroulée l’intrigante dernière séance.

vu les conditions dans lesquelles s’est déroulée l’étrange dernière séance. 6 – 7

Heureusement que J. L. était là pour en adoucir le climat,

Heureusement que J. L. était là pour en adoucir le climat,                          R. A. S.

     il est incontestablement un vrai ami, un vrai homme, tout simplement…

il est incontestablement un véritable ami, un homme, un vrai, tout simplement   8 – 9

     C’est vrai que tout refaire de la cave au plafond, donc, n’est pas une mince affaire, vous avez raison, c’est vrai.

IL est vrai que tout refaire de la cave au plafond, donc, n’est pas une mince affaire, vous avez raison, c’est vrai.                                                                 10    

     Peut-être le meilleur moyen pour y arriver,

Peut-être que  le meilleur moyen y arriver,                                                11 12

     serait d’abord de comparer les avis de chacun ; encore

serait d’abord de comparer les avis de chacun ; encore

     faudrait-il changer la méthode de recrutement. Il semble

faudrait-il changer de méthode de recrutement. Il semble                               13

     que beaucoup de recrus ont des difficultés de compréhension

que beaucoup de recrues aient des difficultés de compréhension               14 – 15

     et c´est cela, ce qui complique le problème.

et c´est cela, qui complique le problème.                                                         16

     De toute façon, le niveau général des nouveaux inscrits a

De toute façon, le niveau général des nouveaux inscrits a                          R. A. S.

    beaucoup baissé, comparé avec ce qui se passait à l’époque,

beaucoup baissé, comparé à ce qui se passait autrefois,                              17

    que ce soit en orthographe, (que ce soit) en  compréhension, (que ce soit) en rédaction ;

que ce soit en orthographe, en compréhension ou en rédaction ;                18 – 19

     d’ailleurs vous pouvez consulter notre bibliothèque,                               R. A. S.

     elle comporte une étagère dédiée,

elle comporte une étagère consacrée à ce sujet / prévue à cet effet,           20

     et toute personne souhaitant emprunter est éligible.

et toute personne souhaitant emprunter a droit d’y accéder.                         21

    En espérant que ce message soit compris de tous, je vous

En espérant que ce message sera compris de tous, je vous                           22

     remercie pour avoir répondu si nombreux.

remercie avoir répondu si nombreux.                                                            23

     à la fois en France et à la fois dans les DOM/TOM.

à la fois en France et dans les DOM/TOM.                                                      24

    Nous avons pensé que vous seriez intéressé(e)s de savoir où envoyer vos candidatures, alors téléphonez nous au 01……

Nous avons pensé qu‘il vous intéresserait de savoir où envoyer vos candidatures, alors téléphonez-nous au 01……                                             25 – 26

Charles Treuil de Montessieu

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4– à Molière

Le 17.04.2020

Cher Jean-Baptiste,

Le problème des fautes de français polluant à tout moment nos ondes, et que j´avais soumis à votre discernement, ne vous a donc pas ému outre mesure ; alors en voici quelques exemples susceptibles de vous faire changer d’avis : « espérons qu’il vienne » pour « espérons qu’il viendra », « en espérant qu’il soit là » pour « en espérant qu’il est là », « il semble qu’il a perdu » pour « il semble qu’il ait perdu », « peut-être il a peur. » pour « peut-être qu’il a peur. », « il est trop mignon ! » pour « il est incroyablement / vraiment mignon ! » ou encore « ce sont des circonstances dans lequel… ». Et on va très loin en matière de dégringolade avec cet étrange à nouveau venu tout droit de l’allemand : « il tombe à nouveau. » pour « il retombe. » ou encore « il pleut à nouveau. » pour « il se remet à pleuvoir. » ou « il recommence à pleuvoir. » ou encore « vous avez à nouveau mal fermé. » pour « une fois de plus, vous avez mal fermé. » ou « encore un coup, vous avez mal fermé. »

Fort de café, n’est-ce pas ? Piétinant la langue de Poquelin parce qu´ils ont perdu le sens du parler, les journalistes et les personnages publics en général, ne goûteraient même plus les tournures de vos Précieuses ridicules, eux qui préfèrent se gargariser d´anglais de cuisine ; triste corollaire, les bons mots (« bon mot » s´emploie tel quel en allemand, par exemple), qui étaient le propre de notre culture, sont en voie de disparition.   

Vous pouvez consulter une liste de ces délétères entorses sur http://editionsdutroubadour.com/lettre-ouverte-a-madame-brigitte-macron-professeur-de-francais/, mais également vous soumettre au « Test de Mérimée » sur

http://editionsdutroubadour.com/test-de-merimee-lettre-ouverte-aux-ecoles-de-journalisme/,

épreuve sans prétention, dont vous vous acquitterez les yeux fermés.

Selon vous, je m’alarmerais en vain en dénonçant ce délabrement… Alors, dites-moi ce qu’il en serait des bons usages, si l’on suivait le même raisonnement ? A table, par exemple, on tolèrerait vite que quelqu’un éternue sans protéger son assiette, qu’il éructe sans vergogne ou même qu’il se drogue à la spécialité de Castelnaudary… Un autre se déchausserait pour se curer les pieds après la poire et avant le fromage. S’il faisait trop chaud, on tomberait tout, au mépris des horreurs de la guerre… Bref, du n´importe quoi.

Si vous connaissez personnellement des gens de la presse ou des politiciens, je vous en supplie, faites-leur prendre conscience que notre idiome est un bien commun très fragile qui ne résistera plus longtemps à leurs assauts. Qui suis-je donc pour leur reprocher de faire des fautes ? L´erreur est humaine, m´objecterez-vous, alors laissons les anesthésistes, les chirurgiens et les pilotes de ligne en commettre également au quotidien…

Dans l´espoir que, grâce à votre entremise, les médias de France et de Navarre re3tifieront rapidement le tir, je vous adresse, cher Jean-Baptiste, mes salutations les plus cordiales.

Ch. Treuil de Montessieu

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5à Jeanne d’Arc – Appel au secours

Le 22.04.2020

Chère Jeanne,

En ces temps de psychose collective sur fond de pandémie,

profites-en pour, cette fois,

bouter les américanevirus hors de France !

Il s’agirait de partir en guerre contre l’analphabétisme gangrénant le monde de l’enseignement. Montre aux professeurs des écoles que la langue de Molière est fort riche (et pas « ouais alors, elle est trop riche ») et d’une grande beauté. Apprends-leur à la choyer.

A titre d’exemple, explique-leur, s’il te plaît,

ce que sont un pestevirus, un clahoude sur le nette, une daidelaïne pour un planning, un laïque sur fessebouc, un djoque trop feune, un clœustère pour des sons-grappe, un flaïheure dispatchant une faikniouze, un beuze, le top dix des meilleurs pitches d’américanes mouvizes, un bestoffe et des voihoffes, bref, dis-leur comment développer un système d’enseignement efficient pour un développement cline, pardon, comment mettre au point un système efficace en vue d’un développement harmonieux

Tu auras, bien sûr, apprécié ce minuscule échantillon d’aberrations langagières adoptées de façon boulimique par les « Français » contemporains, épris qu’ils sont du mode de vie du sauveur d’outre-Atlantique ; ils n’ont pas saisi que les USA avaient, certes, anéanti la peste brune européenne, mais qu’en contrepartie, ils avaient imposé un diktat panaché de populisme, de protectionnisme et de beaucoup de propagande. Il en résulte un pouvoir de séduction trouvant son reflet dans la langue : ça fait chic, d’employer des américanismes, au diable le français !

Comme tu en as vu d’autres, chère Jeanne,

tu ne manqueras pas de trouver les arguments qui font mouche pour rallier ces moutons égarés à notre cause ; tu donneras à ces derniers le goût de la belle formulation et, pour chaque mot ou concept, d’un commun accord, ils feront jaillir d’éblouissantes fontaines de synonymes. Loin de tout chauvinisme, les enseignants puiseront dans notre fonds culturel pour en faire ressortir les incomparables richesses qui ont, précisément, été à l’origine de centaines de mots… anglais !

Quant à nous, au lieu de jeter lesdits mots américains en pâture aux flammes des bûchers, rendons-les à leur propriétaire, sans rancune.

Un grand merci à toi, chère Jeanne, et je croise les doigts pour cette nouvelle campagne.

Cordialement,

Ch. Treuil de Montessieu

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6- à Madame la Cantonade

Le 27.09.2021

La langue française agonise, le grand remplacement par les aboiements est en marche. Vite qu’advienne une prise de conscience, avant qu’il ne faille passer au requiem  !

Qu’elles sont loin, les tartes à la crème « mort de l’accord du participe passé », « au jour d’aujourd’hui », « bonjoure » etc. On est passé au lourd. Au très lourd.

En ce 27 septembre 2021, c’est dans toutes les bouches, des hommes politiques aux personnalités du showbiz (de Ruquier à Zémmour) en passant par celles des écrivain(e)s (!!) etc. qu’on entend « une situation dans lequel », « des circonstances dans lequel ».

Si seulement ça se limitait à cette monstruosité !

L’emploi du « dont » redondant est devenu monnaie courante : « c’est de ça, dont nous allons parler » ; et que dire du « nous avons commencé depuis deux ans » et du « je ne sais pas qu’est- ce que vous en pensez » ?

Le lecteur patient pourra se rendre sur Lettre ouverte à madame Brigitte Macron pour consulter une liste impressionnante de fautes et d’entorses alarmantes ; à titre d’exemple « c’est cela, ce que nous voulons… » (répété trois fois par le Président Macron lors de son discours d’investiture).

La covid avait commencé par infecter « cen euros » et « trois cen euros », ce qui a entraîné « cen élèves », « deux cen hommes », sans oublier « deu hommes » et « di œufs ». Et tout le monde de buter sur « avec deu œufs on pourrait pas faire dé omelettes », ou bien « on peut pas faire d’omelette san œufs » ou encore sur « troi hélicoptères pour deu avions ». Et comment prononcer « on se verra dans deu ans » ?

Ces mortes liaisons sont comme autant de râles émis par notre naguère si belle langue, touchée à mort qu’elle est par les flèches de locuteurs ignorants de l’orthographe.

Comprenant mieux les chiens et les chats, il ne me reste plus qu’à rechercher leur commerce…

Ch. Treuil de Montessieu

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7- à la France dans lequel

Le 12.10.2021

Oui, vous avez bien lu, et vous aussi, vous la faites, cette faute déplorable, littéralement à votre insu. Que vous soyez ho.fe.mme politique, intellectuel.le de droite, de gauche, d’en haut ou d’en bas, scientifique.e ou journaliste.e, inclusif.ve ou trissotin.ne, on vous entend au quotidien précipiter notre belle langue dans les flots.

À peine le désaccord du participe passé et les coups de glotte à l’allemande sont-ils entré dans les mœurs suite à l’abandon des liaisons trop dangereuses, qu’un nouvel iceberg déchire notre Titanic : laquelle, lesquels, desquels ont sombré corps et âme, ne subsiste plus que lequel et duquel.

Si yavaikça ! Je vous invite à parcourir l’impressionnante liste de monstruosités sur http://editionsdutroubadour.com/lettre-ouverte-a-madame-brigitte-macron-professeur-de-francais/

et sur

http://editionsdutroubadour.com/jaccuse-grand-remplacement/ ; ensuite, par pitié, faites jouer vos relations auprès du Conseil supérieur de la langue française ainsi que du Ministère de l’Éducation, si toutefois il n’a pas coulé lui aussi, afin que, dès aujourd’hui, les professeurs des écoles soient formés à la langue française. Pour tenter de la sauver du naufrage, voici un modeste conseil : qu’on revienne, à l’écrit comme à l’oral, au français de… 1920 ! Eh oui ! Ceux qui l’avaient façonné, au fil des siècles, en avaient fait une superbe cathédrale que nombre de pays nous enviaient pour ses détails ciselés.

Réapprenons la notion de liaisons mal-t-à-propos, lequel éveillent l’esprit en ce qu’elles sont directement lié.e.s à l’orthographe : si l’on dit « trois cents Z € », on sait que cent prend un S, au contraire de « cent T € », n’en déplaise à monsieur Pascal Praud

Bref, freinons le grand remplacement du français par des sabirs semblables à des aboiements… Au pilori pour finir : dès (pour à partir de), à l’époque (pour autrefois), quand tu regardes / si tu faisais et que tu disais (pour quand on regarde / si on faisait et qu’on dise), c’est de ça dont on parle (pour qu’on parle).

Et puis qu’on nous fasse grâce des « mais ça se dit plus depuis longtemps ! » assenés d’un air indulgent. Aimons le français, quoi.

Ch. Treuil de Montessieu

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8- à l’homo sapiens parisien de la France d’en haut

Le 17.01.2022

Comment se propage le virus des fautes de français…

Comment le français se désagrège à une vitesse folle, victime d’un virus pernicieux

La langue française, un cervidé covidé de sa substance autant par le haut que par le bas

C’est Paris, le premier foyer de contamination. On y trouve des boîtes de nuit huppées fréquentées par les membres d’un club très fermé ; au nombre de ces derniers figurent des gens du showbiz, des politiques et de séduisants nababs des « quartiers », tout ce beau monde étant vêtu comme il se doit. On ne sait pas vraiment qui est qui, et il s’y opère un brassage de bon aloi.

On bavarde et, par un mimétisme inconscient, on se refile les tics langagiers, autrement dit les fautes de français : celles que commettent les « élites » sont reprises par les gens de la « France d’en bas » et celles qui sont originaires de la base, par ceux « de la haute ».

Le lendemain, imaginant qu’elle est à la mode, un journaliste qui a passé quelques heures dans ce club sélect, balance l’une de ces entorses à la radio ou à la télé et, tel un virus, elle va pouvoir contaminer des millions d’auditeurs et de téléspectateurs. Étant répétée par d’autres journalistes ou politiques, ladite faute va se répandre, par le biais des radios et des télés, comme une trainée de poudre à travers l’hexagone, prenant racine avant même que l’Académie française ait eu le temps d’intervenir. CQFD.

Malheureusement, c’est parfaitement de bonne foi qu’un locuteur pris en flagrant délit d’utilisation rétorquera « c’est comme ça qu’on dit aujourd’hui ».

Il n’en irait pas autrement d’une biche ensanglantée que déchiquèteraient, vivante, des loups et des vautours…

Le virus et ses variants sont décrits et recensés sur http://editionsdutroubadour.com/test-de-merimee-lettre-ouverte-aux-ecoles-de-journalisme/ et sur http://editionsdutroubadour.com/lettre-ouverte-a-madame-brigitte-macron-professeur-de-francais/.

Vite, prenons le français sous notre aile, comme s’il s’agissait d’une biche harcelée !

Ch. Treuil de Montessieu

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9- aux chaînes de télévision françaises

Le français sous notre aile

Le 17.01.2022

Suggestion : un écriteau en un lieu exposé visible de tous

Mesdames, Messieurs,

Et si chacune de vos chaînes hébergeait un « Plastron d’amendes honorables » sous un bandeau portant l’intitulé « Le français sous notre aile » ?

Y figureraient, visibles de tous, les fautes récurrentes commises par les journalistes, lesquels seraient cités nommément. Délicat, me direz-vous… et je comprends que cela puisse être mal perçu ; mais il y va de notre bien le plus précieux, ce support d’une culture qui a longtemps représenté le phare du monde occidental. Pensons-y, il pourrait fort bien le redevenir !

Il existe certainement d’autres suggestions de sauvetage, mais en tout état de cause il faut agir vite pour empêcher le navire de couler définitivement, vu qu’il est grave vénère 🙂

Cordialement,

Ch. Treuil de Montessieu

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10- à madame Roselyne Bachelot, Madame Brigitte Macron et au Français

Réécrire Molière : faisons taire les cuistres qui le souhaitent !

Molière abusé textuellement, Molière assassiné

Madame la Ministre,

Madame,

Mesdames et Messieurs les décideurs de la (triste) Comédie (Française),

Imposer le AREUH-AREUH aux adultes

En partenariat avec la Comédie-Française, Drameducation entend donc réécrire les pièces de Molière afin qu’elles soient enfin accessibles à toutes les strates du nivellement par le bas ; ainsi n’est-ce pas aux lionceaux d’apprendre à se débrouiller dans la vie mais aux lionnes de se rouler par terre pour batifoler avec eux.

Ces géniaux réformateurs vont avoir du pain sur la planche, puisqu’il va leur falloir TOUT réviser et rapiécer, de l’Épopée de Gilgamesh, des écrits grecs et romains de l’Antiquité, aux œuvres de Ronsard, de Goethe, de Tolstoï,  aux chefs-d’œuvre de la Renaissance en passant par la musique baroque, celle de Bach, de Rossini et de Prokofiev, dans le désordre (mental qu’est le leur…) ; tenez, chez le génie de Stratford-upon-Avon, je propose que Richard III s’écrie : « mon royaume pour une console connectée » (adieu, cheval, vache, cochon…), chez Dante « Souviens-toi de nous, c’est nous, les Enfoirés ! » (pardon à Pia dei Tolomei). Les « commodités de la conversation » deviendront « les sofas Ikea » ; et puis on se retirera dans « les précieuses chiottes ».

Plus personne ne comprenant les symboles chrétiens dans les églises, remplaçons-les par des Émojis ; cela est valable également pour la Chapelle Sixtine… Déjà que pour plaire aux fondamentalistes, on devrait mettre un string à Adam et cacher tous ces saints qu’on ne saurait voir… On ne comprend plus Mozart ? Qu’à cela ne tienne, agrémentons sa musique de heavy metal, etc. etc.

En fait, rien de très original à cela, puisque voilà des décennies que des « metteurs en schème » massacrent systématiquement notre patrimoine lyrique pour permettre au plus grand nombre de découvrir le répertoire ; là aussi, on a dépoussiéré en transformant la Reine de la Nuit en meneuse de revue à la Cage aux Folles, Rigoletto en contre-maître chez Renault, Lohengrin en Transgenre tracté par un windsurf, Butterfly en serveuse dans un bar à sushis, et Lakmé en ado boutonneuse intolérante au muguet…

Au fait, c’est à ce propos qu’un certain enseignant de Lausanne écrit : Il ne s’agit pas de dépoussiérer Molière, mais d’inventer avec lui des pratiques pédagogiques et des nouvelles formes d’écriture dramatique pour les dramaturges d’aujourd’hui. On saisit mieux ce qui motive sa démarche…

Pitié, faites que ces ignorants se ressaisissent et qu’ils assument leur rôle d’adulte montrant les chemins mirifiques de la connaissance ; en effet, les lionceaux ne demandent pas mieux que d’apprendre.

Un grand merci à vous de bien vouloir contribuer à restaurer ce qui peut encore l’être.

Cordialement,

Ch. Treuil de Montessieu

rêvant de renaissance

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11- au Petit Robert et au Larousse

Le 19.10.21

Le mot AREU-AREU fait son entrée dans le dictionnaire

La France constate avec soulagement qu’en dépit de leurs rhumatismes ou de leur arthrose, les empathiques Académiciens se mettent à quatre pattes pour converser d’égal à égal avec le petit peuple ; leurs prédécesseurs étaient profondément injustes, qui prétendaient l’éduquer. Voici ce qu’en dit un ado :

Tu vas enfin pouvoir parler genre cour de récré, dire qu’est-ce que tu pense, montré grave que t’es vénère quan on te prend la tête. A l’époque tu pouvais pas. En fait, moi j’ai commencé depuis un an mes études au colège, parce que je veux devenir académicien, et je vois que sa va être possible. Tu me crois pas, frère ?

Pour parachever l’assimilation du monde des adultes par la jeunesse, les éducateurs s’inspireront bientôt de cette mise à niveau du langage en faisant adopter les comportements des enfants et des moins jeunes : ainsi, le fait de monter avec ses chaussures sur les divans ou les lits, de foncer à vélo ou trottinette sur les trottoirs, de mâcher bruyamment du chewing-gum, de cracher par terre, d’écouter la radio à tout berzingue dans sa voiture etc. etc.

Nous vivrons alors enfin dans un monde égalitaire, àreu-areubours du précédent.

Ch. Treuil de Montessieu

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12- à la médiatrice de Radio-France : Le français sous notre aile

Le 27.10.2021

Le français sous notre aile

Suggestion : un écriteau en un lieu exposé visible de tous

   Chère Madame,

   Et si la Maison de la Radio hébergeait un « Plastron d’amendes honorables » sous un bandeau portant l’intitulé « Le français sous notre aile » ?

   Y figureraient, visibles de tous, les fautes récurrentes commises par les journalistes, lesquels seraient cités nommément. Délicat, me direz-vous… et je comprends que cela puisse être mal perçu ; mais il y va de notre bien le plus précieux, ce support d’une culture qui a longtemps représenté le phare du monde occidental. Pensons-y, il pourrait fort bien le redevenir !

   Il existe certainement d’autres suggestions de sauvetage, mais en tout état de cause il faut agir vite pour empêcher le navire de couler définitivement, vu qu’il est grave vénère.

   Cordialement,

Ch. Treuil de Montessieu

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13- à Madame Brigitte Macron, professeur de lettres

Le 01.01.2018,

mis à jour le 06.05.2021

Objet : halte au verbiage en matière de francophonie, oui à l’excellence française / halte à cette trissotinade de l’accord « inclusif » / épargnons les haut-le-cœur aux amoureux du français

Adage concernant la forme et le fond : la forme représente la porte d’entrée du fond…, et pas seulement dans nos grandes écoles.

Chère Madame,

J´ai l´honneur de vous supplier d´intercéder en faveur du français, une langue qui, en une trentaine d´années, a commencé de sombrer ; pendant ce temps, l’orchestre continue de ronronner sur le Titanic, et les responsables prétendent défendre notre langue dans le monde… Francophonie par-ci, francophonie par-là… Lorsqu’une faute immonde est faite à la radio, sur France-Culture par exemple, je me sens comme bouté hors de France : j’ai un tel haut-le-corps, que je passe immédiatement à une chaîne musicale sans paroles… Et suis-je vraiment un affreux franchouillard, si j’avoue éprouver moins d’affection envers qui m’envoie un courriel débutant par « Hello Vincent, » et contenant le commentaire « LOL » ? Pourquoi cracher sur notre culture ? « Cher Vincent, » n’engage à rien et c’est si doux… « Marrant, hein ? » ça, c’est bien de chez nous…

Se dire que, grâce à sa précision et à sa limpidité, le français fut la langue des cours européennes et de la diplomatie… Cela serait impensable de nos jours. Le franglais, si souvent incriminé, est ici un moindre mal ; non, la gangrène vient de l’intérieur… I parai k’en plus, en o lieu, on veu sinplifié l’ortografe é la gramaire ; c’è super, biento i sufira d’aboyé é de japé pour comuniké ! Le nivèlment par le ba, quoi, é pi surtou pa tro d´éfor. Laisser ainsi notre langue se détériorer conduira immanquablement à la mort de notre culture ; adieu, alors, la prestigieuse identité. Dépêchons-nous, car, à l’étranger, on n’a pas encore eu vent de cette déliquescence annoncée… En tout cas, cessons de livrer le pays à la médiocrité et aux obscurantismes de tout poil !

L´évolution physiologique d´un idiome s´étend sur des siècles mais, en raison du centralisme jacobin, quelques décennies suffisent chez nous. Afin de faire cesser cette dérive, mon idée serait d´affecter le coefficient le plus élevé au français lors des examens et autres concours sanctionnant les études des professeurs des écoles. Comme les différents gouvernements ont négligé cet aspect, les aberrations langagières ont fini par atteindre jusqu´à France-Culture, une station où, fréquemment, on s´exprime comme dans les cours de récréation… C’est pire sur les autres radios ou chaînes de télévision où, à l’écoute, les lettrés peinent parfois à comprendre… Chère Madame, veuillez trouver, sous forme de post scriptum, un aperçu de ce qu´on y entend régulièrement, comme d´ailleurs dans la bouche de nombre d´élus ou de journalistes.

Outre les professeurs des écoles, et pour que la francophonie dans le monde cesse d´être une mascarade, il importerait également de former les professeurs de FLE à la symptyxe, afin de rendre notre langue moins hermétique aux apprenants ; ce procédé est efficace en ce qu’il les familiarise avec les réalités phonétiques du français de l’Hexagone.

En vous remerciant de bien vouloir réveiller, tant qu´il en est encore temps, les Belles au Bois dormant du Ministère de l’Éducation Nationale et de l´Académie Française, je vous prie d´agréer, chère Madame, mes salutations les plus respectueuses et les plus cordiales.

Ch. Treuil de Montessieu

(Vincent Lepalestel)

Docteur en Sciences du Langage (UDS), professeur de FLE et d’allemand

P. S. : voici donc une liste non exhaustive des inepties ayant cours en France, à commencer par cette trissotinade de l’accord inclusif :

– « l’inspecteurice s’est réunie avec les journalier·e·s » au lieu de « la personne inspectrice a rencontré les journaliers »

– « rendez-vous sur la plate-forme dédiée. » au lieu de « rendez-vous sur la plate-forme prévue à cet effet. » / « cette émission sera dédiée à ce sujet brûlant. » au lieu de « cette émission sera consacrée à ce sujet brûlant. »

– « une situation dans lequel », « des circonstances dans lequel » au lieu de « une situation dans laquelle », « des circonstances dans lesquelles »

– « … âgées entre 20 et 30 ans » au lieu de « … âgées de 20 à 30 ans », « … avec une réduction entre 5 et 10 % » au lieu de « … avec une réduction comprise entre 5 et 10 % »

– « le ministre a déclaré qu´il viendra » au lieu de « le ministre a déclaré qu´il viendrait »

– « elle s´est assis », « elle est surpris » au lieu de « elle s´est assise », « elle est surprise »

– « il est intéressé à faire un stage » au lieu de « il est intéressé par l´idée de faire un stage »

– « Il en va de leur survie » au lieu de « Il y va de leur survie »

– « Chaque 24 mars » au lieu de « Tous les 24 mars »

– « Respectez 1 mètre entre chaque personne » au lieu de « Respectez 1 mètre entre deux personnes »

– « Tous les semaines » au lieu de «Toutes les semaines »

– « Tous les cinq minutes » au lieu de «Toutes les cinq minutes »

– « nous avons commencé depuis deux ans » au lieu de « nous avons commencé il y a deux ans »

– « je sais pas qu’est-ce que vous en pensez », « on va voir qu´est-ce qu´il dit », « je sais pas où est-ce qu´il va » au lieu de « je (ne) sais pas ce que vous en pensez », « on va voir ce qu´il dit », « je (ne) sais pas où il va »

– « espérons que ça soit juste », « en espérant que ça soit une victoire » au lieu de « espérons que c´est juste », « en espérant que ça sera une victoire »

– « il semble que c´est… », « il semblerait qu´ils ont … » au lieu de « il semble que ce soit… », « il semblerait qu´ils aient … »

– « le seul qui a compris », « le dernier qui est capable » au lieu de « le seul qui ait compris », « le dernier qui soit capable » ou encore « le seul à avoir compris », « le dernier à être capable »

– « que ce soit bleu, que ce soit vert, que ce soit jaune » au lieu de « que ce soit bleu, vert ou jaune »

– « qu´il s´agisse de blé, qu´il s´agisse de maïs, qu´il s´agisse de seigle » au lieu de « qu´il s´agisse de blé, de maïs, ou de seigle »

– « ceci dit, … » au lieu de « cela dit, … »

– « merci pour être venu », « merci pour avoir participé » au lieu de « merci d’être venu », « merci d’avoir participé »

– « à la fois il est doué, à la fois il est timide… » au lieu de « il est à la fois doué et timide »

– « on entend des critiques en disant ça risque d’être cher » au lieu de « on entend exprimer des critiques disant que ça risque d’être cher » ou encore « selon certaines critiques, ça risque d’être cher ». Comme « en disant » est employé à tort et à travers, il en résulte des phrases aberrantes ! Dans le cas présent, le locuteur ignorait que ce gérondif se rapportait à « on », ce qui donne « tout en disant que ça risque d’être cher, on entend des critiques ». Aïe aïe aïe…

– « qu´est-ce que c´est un musicien ? » au lieu de « qu´est-ce qu´un musicien ? » ou bien « qu´est-ce que c´est qu´un musicien ? »

– « je fais ce que j’ai envie » au lieu de « je fais ce dont j’ai envie »

– « ce que j´ai peur, c´est que… » au lieu de « ce dont j´ai peur, c´est que… »

– « c´est mieux de faire… » au lieu de « il vaut mieux faire… »

– « peut-être il est » au lieu de « peut-être qu´il est » ou bien « peut-être est-il »)

– « c’est de ça dont nous allons parler » au lieu de « c’est de ça que nous allons parler »

– « Prenez celui-là qui est sur la table », « celui-là que j´ai acheté, est mieux » au lieu de  « Prenez celui qui est sur la table », « celui que j´ai acheté, est mieux »

– « à l’époque » au lieu de « autrefois » ou bien « naguère / jadis » ou « il fut un temps »

– « un moyen pour … » au lieu de « un moyen de … »

– « à insu de son plein gré » au lieu de « à son insu »

– « c´est le moins pire » au lieu de « c´est le moins grave » ou bien « c´est le moins laid »

– « il a trop de la chance » au lieu de « il a vraiment de la chance » ou bien « il a vraiment beaucoup de chance »

– « vous n´êtes pas sans ignorer que » au lieu de « vous n´êtes pas sans savoir que »

– « il en va de notre crédibilité » au lieu de « il y va de notre crédibilité »

– « une tentative d´attentat » au lieu de « un attentat déjoué »

– « faire preuve d´humanisme » au lieu de « faire preuve d´humanité »

– « une vraie artiste », « un vrai homme » au lieu de « une véritable artiste », « un homme, un vrai » (et que dire aussi de l’immonde « c’est des vrai amis » vs. l’harmonieux « ce sont de vrais amis »)

– « le plus beau que je ai jamais vu » au lieu de « le plus beau que j´aiE jamais vu »

– « les véhicules municipal » au lieu de « les véhicules municipaux »

– « pour pallier au manque » au lieu de « pour pallier le manque »

– « le jour pointe », « en attendant que le jour pointe » au lieu de « le jour point », « en attendant que le jour poigne »

De même a-t-on distinctement entendu, lors d´une retentissante prise de fonctions :

– « c´est cela, ce que nous voulons atteindre » au lieu de « c´est cela, que nous voulons atteindre »

– « c´est ça, ce que je demande » au lieu de « c´est ça, que je demande »

– « refonder l´Europe / le parti » au lieu de « refondre l´Europe / le parti »

– « loin s´en faut » au lieu de « tant s´en faut » ou encore « loin de là »

– « qu´est-ce t´emmènes ? » (ayant transité par « qu´est-ce t´amènes ? ») au lieu de « qu´est-ce (que) t(u)´apportes ? »

– « t´occupe ! » au lieu de « (ne) t´en occupe pas ! » ou bien « laisse tomber ! »

– « j´ai envie de faire pipi » au lieu de « j´ai besoin de faire pipi »

(cf. « j´ai envie de boire un café »)

Sans parler des anglicismes :

– « on peut constater que… » ou bien « on peut voir que… » au lieu de « on constate que… » / « on voit que… »

– « il est confus » au lieu de « il est troublé, perturbé » (en effet, on est, ici, en présence d´une confusion langagière…)

Faute d´open space, et comme y a ni challenge ni dead line, YES ! faisons l´impasse sur les tonnes de mots anglais employés, là aussi, à tort et à travers, sinon on court au burn out

… ou des germanismes :

– « dès 200 € » au lieu de « à partir de 200 € », « dès 800 mètres d’altitude » au lieu de « à partir de 800 mètres d’altitude »

– « il est devenu vieux » / « il est devenu gros » / « devenir riche » au lieu de « il a vieilli » / « il a grossi » / « s’enrichir »

– « offrir un cadeau » au lieu de « faire un cadeau »

– « recevoir de l’argent » au lieu de « toucher de l’argent »

– « ça dure seulement un mois » au lieu de « ça (ne) dure qu’un mois » (en effet, les publicitaires craignent de ne pas être compris des étrangers ; d’où, là aussi, un appauvrissement de la langue…)

… ou des crottes de chien envahissant les trottoirs :

– « je kife grave » qui peut tout vouloir dire, à l´auditeur de biffer les mentions inutiles : « j´en raffole », « c´est mon obsession », « j´aime assez », « mon royaume pour un … (cheval) », « je donnerais ma vie pour en avoir », « j´apprécie vraiment », etc. etc.

– « j´ai les boules » qui peut tout vouloir dire, à l´auditeur de biffer les mentions inutiles : « j´en ai marre », « je suis excédé », « ça m´angoisse », « je (n)´ai pas envie », « je (ne) suis pas très motivé », « je sature », etc. etc.

Ah, si seulement il n´y avait que ça !

Cela atteint des proportions telles, que les Hexagonaux ne se comprennent plus entre eux… Faisons entendre à un lettré et à un analphabète « je (ne) suis pas sûr qu´il ait » ; le plus souvent, ce dernier comprendra « je (ne) suis pas sûr qu´il est ».

Et que penser de la mort du trait d´union ? Nombre de placards publicitaires en sont dépourvus dans leurs accroches, ainsi : « louez moi ! », « équipez vous ! », « connaissez vous… ? »

Sans parler du salmigondis des SMS, jetons un coup d´œil aux courriels et aux différents forums : la dérive est désolante ! On arrive presque à une faute d´orthographe par mot…

Il faudrait en outre que les enseignants recommencent à maîtriser les différents registres, du soutenu au plus familier, afin de sensibiliser les enfants, dès leur plus jeune âge, au plaisir qu´il peut y avoir à passer sciemment du plus argotique au plus soutenu… Remettons contrepèteries et jeux de mots au goût du jour, car ils leur permettent d’enrichir leur vocabulaire tout en acquérant un recul salutaire sur les structures de la langue.

Cessons aussi de donner en pâture des textes de chansons aux écoliers, textes conçus dans un français approximatif, tant sur le plan du vocabulaire, que sur celui de la grammaire ou de la versification. Ne disposons-nous pas d´un fonds immense d´œuvres littéraires fameuses ? Il importerait également de leur apprendre la phonétique et la prosodie, tout aussi malmenées ; une véritable peste anglo-saxonne a envahi l´univers de la chanson française, conférant à notre langue un accent rappelant celui de Truchtersheim 😉 (charmant village au demeurant). L´un des premiers à avoir pratiqué cette prosodie se nomme Yves Duteil, c´est un comble, dans… « La langue de chez nous », chanson prétendant glorifier le français, mais s´achevant sur « Et qu’il a composé toute une symphonie » en accentuant SYM au lieu de NIE !

Que disparaissent aussi les œufs (ou les E ?) en fin de mot, car ils deviennent obsédants ! Exemple : BonjourEU, c’est pourEU… l’ingénieurEU qui loge au fond de la courEU ;  c’était surEU son pare-brisEU, à mon aviEU, c’est un PVEU. Cette langue s’enlaidit de jour en jour…

Que les instituteurs ressuscitent donc les liaisons « zà propos » ! Réapprenons-leur à prononcer « deux/trois/six/dix/onze/quatre-vingts œufs, quatre œufs, cinq œufs, sept/huit/vingt/cent œufs, neuf œufs, mille œufs » avec, respectivement, la liaison « zeu, reu, keu, teu, feu, leu ». Partant de cet exercice, on passerait aux liaisons avec les mots « euros », « hommes », « élèves », pour éviter d´entendre (de la bouche d´un responsable du Ministère de l´Éducation Nationale) « des effectifs de deux cent élèves », le pauvre ignorant que cent prenait ici un S.

Qu´on les entraîne également à éradiquer le coup de glotte germanique devant les voyelles à l´initiale des mots, cette autre peste langagière ayant débuté avec le président Chirac…

Exemples : (le signe HH symbolisant, dans la liste ci-dessous, non pas un H aspiré, mais une brusque césure, interruption rappelant l´allemand standard)

« le cadre / HHidéal » au lieu de « le cadridéal »

« quatre / HHannées » au lieu de « quatrannées »

« ils onte / HHune autorité » au lieu de « ils ontune autorité »

« Elle faite / HHun pas » au lieu de « Elle faitun pas »

« une / HHincroyable situation » au lieu de « unincroyable situation »

« de for HHorages » au lieu de « de forzorages »

« vigilance / HHorange » au lieu de « vigilançorange »

« d’origine / HHaccidentelle » au lieu de « d’originaccidentelle »

« vrais-fau / HHôpitaux » au lieu de « vrais-faux zôpitaux »

(ad libitum)

Pour conclure, voici trois idées nous incitant à réfléchir :

1- Mal parler, c’est comme puer de la bouche… Disons que l’expression soignée est de l’ordre de l’hygiène. Aïe, mais alors, cela impliquerait qu’elle doit faire intervenir le conscient ?

2- « Voyons, il est normal qu’une langue évolue ! » objecteront les sceptiques ; sur des siècles, certes, mais pas en termes de semaines ! Tout étant centralisé chez nous, c’est en quelques jours qu’une faute fait le tour de l’hexagone, notamment en raison du matraquage émanant des radios et des télés. Il faut dire que le microcosme que représente ce village qu’est Paris, favorise un brassage social très efficace, notamment dans les divers établissements en vogue… Peuvent s’y côtoyer nouveaux riches incultes, m’as-tu-vu désargentés (comme bibi) ou intellos de tout poil, et cette promiscuité favorise la propagation des fautes par mimétisme. Une pandémie, en somme. Un(e) séduisant(e) ignare peut ainsi être à l’origine d’une aberration langagière qu’on retrouvera sur tout le territoire en un rien de temps. En revanche, comme, personnellement, je ne m’adresse pas à des millions d’auditeurs, une faute que je vais faire dans mon cercle d’amis n’aura que fort peu d’incidence sur l’évolution de la langue française…

3- Les films anglo-saxons : en vue de leur synchronisation en français, les traductions, business aidant, se font trop rapidement et, surtout, sans contrôle sérieux ; par conséquent, nombre de tournures approximatives et d’anglicismes viennent polluer les oreilles des Français, qui les adoptent inconsciemment et sans esprit critique… Et à ce niveau d’opacité, par manque de temps, aucune Académie Française n’est en mesure d’intervenir ! C’est donc à chacun de nous de prendre le français sous notre aile

Pour conclure : vite, redonnons aux professeurs des écoles l´amour des tournures ciselées, le goût de la belle prononciation et de la prosodie, mais aussi la culture des bons mots ; au fait, comme il y a une différence entre « des bons mots » et « de bons mots », il faudrait se remettre à imposer le « de » devant le groupe adjectif-nom, et à reconsidérer le « des » comme erroné… « Elle porte de belles robes » et pas « Elle porte des belles robes ». Et l’objection éculée récurrente « Personne ne dit plus ça ! » tomberait à son tour dans les oubliettes. Quel bonheur ce sera, lorsque, de la pauvre serpillière qu’il est devenu, le français se muera en une exquise friandise à savourer au quotidien ! Tenez, voici de gentilles mises en bouche : les Nippons n’aiment pas qu’un chien leur jappe au nez… Découvrons aussi les surprises que réservent les conjugaisons des verbes mastiquer (qui serait donc pronominal ?), ou encore allécher à l’imparfait… Comparons il faut allécher vos invités et il faut que vous alléchiez vos invités. N’avons-nous pas une langue merveilleuse ?

Le culte de la formulation adéquate stimulant la matière grise, les enfants augmentent leurs chances de devenir des roseaux pensants…

Merci de votre attention.